La troisieme revolution industrielle selon j. Rifkin. Et dans l’education technologique demain ?





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date de publication05.01.2017
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LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE SELON J.RIFKIN. ET DANS L’EDUCATION TECHNOLOGIQUE DEMAIN ?
Chapitre 7 – Mettre Adam Smith à la retraite
Document rédigé par Ignace Rak en février 2014 pour l’association PAGESTEC www.pagestec.org
Mots-clés sur http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/index.html Technologie futur : approche systémique ; la 3e révolution industrielle.
La présente série de documents de réflexion est une contribution pour reconnaître ce qui se fait déjà dans certaines classes de collège et repérer quelques éléments nouveaux extraits de l’ouvrage et à intégrer, ou non, dans l’enseignement de la discipline « technologie » d’aujourd’hui, voire à utiliser directement dans les cours.

Mais cette série de documents a aussi pour objectif d’alimenter la réflexion pour une évolution de l’éducation technologique pour demain, ainsi que faire envie de lire l’ouvrage complet. Cet ouvrage reflète un point de vue, parmi d’autres, celui de J.Rifkin. Mais par sa qualité, il est représentatif d’une réflexion incontournable et fondée au sens de la rigueur universitaire. Il peut aussi servir de ressource à d’autres disciplines que la technologie.

Ce document qui ouvre le troisième chapitre « L’âge de la coopération » fait suite au document sur le chapitre 6 « De la mondialisation à la continentalisation » que j’ai rédigé en janvier 2014 (1) qui faisait partie de la deuxième partie de l’ouvrage et intitulé « La troisième révolution industrielle ». Il reprend des éléments de l’ouvrage de Jeremy Rifkin (2). Pour faciliter les citations de l’auteur Jeremy Rifkin, c’est l’abrégé J.R. qui est employé dans ce document.
J.Rifkin expose, entre autres, en onze points le poids exorbitant de la consommation d’énergie relativement à la production d’un morceau de viande dans nos assiettes, et donc les priorités à venir qui sont peut-être ailleurs pour éviter la malnutrition dans le monde et les problèmes de santé publique.

Nul doute que les chiffres et exemples donnés par J. Rifkin peuvent alimenter les débats contradictoires et critiques dans les cours de technologie au collège en liaison avec la discipline de collège sciences et vie de la terre pour une éducation technologique générale selon le cycle de vie des plantes et animaux.
Avertissement aux lecteurs du présent document.
Les extraits sélectionnés ci-après sont des éléments qui éclairent essentiellement mes points de vue : technique, de citoyen, et historique pour une éducation technologique devant se mettre en place aujourd’hui pour préparer demain. Cette sélection est personnelle. Les extraits sont présentés entre parenthèses (« »). Parfois ils sont précédés ou suivis de («…) (… »). Ceci indique qu’il a dans l’ouvrage une petite, ou une grande partie, non citée du texte qui précède, ou qui suit l’extrait.

 

D’autre part les nombreux renvois à des articles, études et références, sites, ne sont pas mentionnées dans mon document. Or toute l’analyse de J.R., puis ses propositions, s’expriment à partir de ces faits et des études prospectives. Si vous voulez connaître les sources de ses chiffres et avis, il est nécessaire d’aller les consulter dans l’ouvrage de J.R. chapitre par chapitre.

Dans tous les cas, seule la lecture de l’original fait foi, car lors de la saisie il peut y avoir éventuellement des erreurs, fautes ou omissions.
CHAPITRE 3 : L’AGE DE LA COOPERATION
L’introduction au chapitre 7 (extraits) (3)
J.R. introduit ainsi la situation de l’économie en citant Adam Smith « père de la science économique moderne » (4) : « L’aube de l’ère du marché et les débuts de la première révolution industrielle, à la fin du XVIIIe siècle, ont apporté un nouveau domaine intellectuel, l’ « économie ». Voulant comprendre les forces inédites libérées par la technologie de la vapeur, le charbon et la production en usine, les pères fondateurs de la jeune discipline –Adam Smith, Jean Baptiste Say, etc. – se sont tournés vers le champ innovant de la physique et lui ont emprunté un ensemble de principes directeurs et de métaphores pour modeler leurs propres théories sur le fonctionnement du marché… ».
Les lois de Newton et les marchés autorégulateurs (extraits) (5)
J.R. rappelle et analyse d’une façon simple et imagée cette théorie : « …Pour Adam Smith et ses contemporains, fort désireux d’ancrer leurs réflexions dans les certitudes mathématiques de la physique, il en va du marché comme de l’univers : une fois en mouvement, il fonctionne automatiquement, à la manière d’une horloge mécanique bien équilibrée…Comme les lois de la gravité gouvernent l’univers, une main invisible gouverne le marché. « L’action est toujours égale et opposée à la réaction » : reprenant cette observation de Newton, Smith et les autres ont soutenu qu’elle était valide pour le marché autorégulateur, car l’offre et la demande réagissent constamment l’une à l’autre et se réajustent entre-elles. Si la demande des consommateurs pour les biens et services augmente, les vendeurs relèveront les prix en conséquence. S’ils les fixent trop haut, la demande s’affaissera, ce qui contraindra les vendeurs à baisser les prix pour la stimuler…Les lois de Newton sur la matière en mouvement ne nous aident pas vraiment à comprendre le fonctionnement de l’activité économique…En fait elles nous en donnent une idée fausse, parce qu’elles ne prennent pas en compte le passage du temps et l’irréversibilité des évènements… ». Or pour J.R. « …l’essence même de l’activité économique réelle est l’irréversibilité des évènements : c’est la façon dont l’énergie et les ressources matérielles sont extraites, transformées, consommées, épuisées et mises au rebut… ».
Pourquoi ce sont les lois de l’énergie qui gouvernent toute activité économique (extraits) (6)
Et J.R. de poursuivre son raisonnement en développant son argumentation sur « l’irréversibilité » : « …même si l’énergie est toujours là, nous ne pourrons jamais reconcentrer ses nouvelles formes dispersées pour reconstituer le morceau de charbon initial et le réutiliser. Le savant allemand Rudolp Clausius a forgé en 1868 le terme entropie pour désigner l’énergie qui n’est plus utilisable…Une question vient immédiatement à l’esprit : « Pourquoi ne peut-on pas recycler toute l’énergie dispersée ? ». On peut en recycler un peu, mais pour effectuer le recyclage il faut utiliser de l’énergie supplémentaire. Et quand on met cette énergie au travail, elle accroît l’entropie totale… ».

J.R. cite à nouveau les ressources à l’origine de la gouvernance de l’énergie sur l’activité économique, dont les ressources rares dans la réalisation de nos appareils électroniques modernes «…Les combustibles fossiles sont un bel exemple des formes d’énergie matérialisées, définissables à toutes fins utiles comme des ressources finies qui s’épuisent rapidement et ne réapparaitront probablement jamais sur terre, du moins dans la temporalité pertinente pour notre espèce. Ils se sont constitués sur des millions d’années à partir de la décomposition anaérobie d’organismes morts… ».

Et J.R. de citer dix-sept de « …ces métaux baptisés « terres rares » qui donnent les limites thermodynamiques intrinsèques…le scandium, l’yttrium, le lanthane, le cérium, le praséodyme, le néodyme, le samarium, l’europium, le gadolinium, le terbium, le dysptosium, l’erbium, le thulium, l’ytterbium et le lutétium. On les utilise dans toute une série de processus industriels et techniques et elles sont présentes dans des technologies et produits cruciaux pour la survie et le bien-être de la société… ».
Et J.R. de citer la poignée d’économistes qui ont tenté de « …redéfinir la théorie et la pratique économiques sur la base des lois de l’énergie… : le prix Nobel de chimie Fredérick Soddy…Nicholas Georgescu-Roegen… Si l’on fait le bilan de ce siècle d’efforts pour reformuler la théorie économique en termes thermodynamiques, on est frappé par l’imperméabilité totale de la discipline au réexamen des bases scientifiques de ses postulats directeurs… ». Et J.R. de terminer son analyse en affirmant « …Tant que Newton projettera son ombre si longue sur la théorie économique, il est peu probable que l’économie, en temps que discipline, parviendra à résorber les schismes en plein essor qui menacent tous ses postulats fondamentaux… ».
La richesse des nations (extraits) (7)
J.R. se référant toujours aux lois de thermodynamique qui ont inspiré les économistes cités ci-dessus, rappelle que «…John Locke, le philosophe anglais des Lumières…estime que la nature elle-même est inutile et n’acquiert une valeur que lorsque les humains, en lui appliquant leur travail, la transforme en bien productif… ». Et J.R. de contester «…L’activité économique consiste simplement à emprunter à l’environnement des intrants énergétiques faiblement entropiques et à les transformer en biens et services précieux mais temporaires. Pendant cette transformation, l’énergie qui se dissipe dans l’environnement est souvent supérieure à celle qui s’intègre aux biens et services que l’on produit… ».
Et J.R. de prolonger ainsi son analyse sur les organismes vivants : « …Le processus économique reflète à cet égard les processus biologiques de la nature… » et pour «…Harold Blum, le célèbre biologiste du XXe siècle…les êtres vivants sont des êtres thermodynamiques en déséquilibre. Autrement dit, chacun d’entres-eux vit très loin de l’équilibre, en se nourrissant constamment de l’énergie disponible dans l’environnement, mais toujours au prix d’un accroissement de l’entropie globale dans l’environnement. Les plantes, par exemple…Ce que disent les biologistes correspond bien à notre compréhension des mécanismes de la vie. Nous prenons continûment de l’énergie dans nos corps, chaque fois que nous mangeons, et, dans le processus qui nous maintient en vie, nous épuisons cette énergie et contribuons aux déchets entropiques. Si nous cessons de prendre de l’énergie ou si, à cause d’une maladie, nos corps ne parviennent plus à la transformer convenablement, nous mourrons… ».
A propos des conséquences thermodynamiques de la conversion des ressources naturelles en aliment pour la consommation pour la consommation humaine, J.R. décrit l’énergie qui va dans un steak :
« …- 1 – Il faut quatre kilos de céréales fourragères pour obtenir un steak de 450 grammes. Cela signifie que 11% seulement des céréales servent à produire de la viande de bœuf proprement dite ; le reste est soit brûlé comme énergie nécessaire au processus de conversion, soit utilisé pour maintenir les fonctions corporelles normales de l’animal, soit extrait ou absorbé par des parties de son corps qui ne sont pas consommées – comme les poils et les os. Nous déplorons l’inefficacité et le gaspillage d’énergie de nos voitures gloutonnes en essence, mais l’inefficacité et le gaspillage d’énergie de notre régime alimentaire carné à bas de bétail nourri aux céréales est bien pire. Dans son livre Sans viande et sans regrets, Frances Moore Lappé souligne qu’une acre de céréales donne cinq fois plus de protéines que la même acre utilisée pour produire de la viande. Une acre de légumineuses en donne dix fois plus, et une acre de légumes feuillus quinze fois plus. Près d’un tiers des céréales cultivées aujourd’hui dans le monde sont destinées à l’alimentation animale et non à la consommation humaine directe. Donc, tandis qu’une petite fraction des consommateurs, les plus riches, se délectent tout en haut de la chaine alimentaire, des centaines de millions d’autres humains sont condamnés à la malnutrition, à la famine et à la mort.
- 2 - Pour faire pousser les céréales fourragères, les agriculteurs ont besoin de grosses quantités d’engrais, de pesticides et d’herbicides pétrochimiques, à base de combustibles fossiles. Il faut de l’énergie fossile, encore, pour faire fonctionner les machines agricoles, et de l’énergie fossile, toujours pour les camions, les trains et les bateaux qui transportent les céréales jusqu’aux parcs d’engraissement géants, mécanisés, où elles sont consommées par le bétail.
- 3 – Dans les parcs, on administre aux animaux quantité de produits pharmaceutiques, dont les hormones de croissance, des additifs alimentaires et à l’occasion des antibiotiques, ce qui exige, là encore, une consommation d’énergie supplémentaire. Les bêtes sont serrées les unes contre les autres – les parcs d’engraissement contiennent parfois jusqu’à 50 000 têtes de bétail ou davantage – dans les locaux infestés de mouches qui répandent des maladies comme la conjonctivite et la rhinotrachéite bovine. Pour les prévenir, des tuyaux haute pression répandent des insecticides extrêmement toxiques dérivés des combustibles fossiles, qui embrument les enclos d’un nuage de poison.
- 4 – Une fois engraissé, le bétail est transporté en camion pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, sur des autoroutes jusqu’à l’abattoir – avec la consommation supplémentaire d’énergie fossile que cela suppose.
- 5 – Arrivés à destination, les animaux entrent en file indienne dans l’aire d’abattage, où ils sont étourdis par un pistolet pneumatique et tombent à terre. Un ouvrier accroche une chaine à un sabot postérieur et hisse l’animal la tête en bas au dessus de l’ère d’abattage, puis lui tranche la gorge, en laissant le temps s’écouler.
- 6 – L’animal mort circule sur une chaine de démontage, fonctionnant à l’électricité, où une machine le dépouille de sa peau et où ses organes sont retirés.
- 7 – On se sert alors de scies électriques pour découper la carcasse en morceaux reconnaissables, dont la macreuse, les côtes et le steak.
- 8 – Ces morceaux sont jetés sur des tapis roulants électriques où plusieurs désosseurs et de pareurs découpent et emballent le produit final.
- 9 – On expédie les morceaux de viande de bœuf emballés sous vide vers des supermarchés de l’ensemble du pays dans des camions frigorifiques.
- 10 – A leur arrivée au supermarché, les morceaux sont réemballés dans du plastique fabriqué à partir de combustibles fossiles, puis exposés au rayon viande dans des étals réfrigérés et brillamment éclairés.
- 11 – Les clients conduisent leurs voitures jusqu’au supermarché, achètent le steak, le conserve dans leur congélateur ou réfrigérateur, puis le font cuire sur leur cuisinière à gaz ou électrique et le consomment… ».
J.R. conclut ainsi sur cette entropie : « …Tout cela n’est qu’une des faces de l’histoire de l’énergie. L’autre face, c’est la facture entropique. Les bovins et le bétail en général sont le deuxième facteur contributif au changement climatique après les bâtiments : ils sont à l’origine de 18% des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que les émissions du transport mondial… ». Puis sur le PIB (Produit intérieur brut qui mesure la richesse qu’un pays produit chaque année), « …il mesure plutôt la valeur de l’énergie temporaire intégrée à des biens et services produits au prix de la diminution des réserves d’énergie disponibles et de l’augmentation des déchets entropiques…Autrement dit, au bout du compte, toute civilisation finira inévitablement par avoir pris au milieu qui l’entoure plus d’ordre qu’elle n’en aura jamais créé, et elle quittera la terre appauvrie…C’est une réalité incontournable : toute activité économique ne crée qu’une valeur temporaire au prix d’une dégradation de la base de ressources dont elle dépend… ».
Comment la théorie économique a perdu de sa pertinence (extraits) (8)
D’emblée J.R., avec quelques exemples, dénonce les dépenses superflues en énergie tout au long de la chaine de l’offre, par exemple pour construire une automobile dans les meilleurs délais : «…Notre obsession de la rapidité dans la fabrication et la livraison du produit a un coût : la dépense d’énergie supplémentaire…Nous sommes persuadés qu’en allant plus vite nous économisons de l’énergie, alors que d’un point de vue thermodynamique c’est le contraire qui est vrai… ». Et J.R. de citer l’exemple de l’étude de Reiner Kümmel qui « …a construit un modèle de croissance qui comprenait l’énergie…il a prouvé que le facteur « manquant », qui rend compte du reste de la hausse de la productivité et de la croissance, était l’énergie… ». Un autre exemple que J.R. apporte est celui de Gabriele Burgo PDG de NH hotels : « …30% des frais généraux et coûts d’exploitation de ses hôtels sont liés à l’énergie : par ordre d’importance, c’est le deuxième poste après les frais de personnel…NH se fait actuellement le pionnier du concept « chambres intelligentes ». C’est un système de suivi en temps réel qui reste constamment informé de la consommation d’eau, d’éclairage, d’air conditionné et de chauffage et les ajuste à l’évolution des besoins des clients pendant vingt quatre heures. Ceux qui consomment moins d’énergie que la moyenne sont récompensés… : tarif réduit à leur prochain séjour dans un hôtel NH…NH commence à convertir ses hôtels en microcentrales électrique… »
Et J.R. de synthétiser : « …Ne l’oublions jamais : chaque fois que nous utilisons davantage d’énergie pour accélérer le processus économique, nous devons peser le pour et le contre – le gain de productivité et l’intensification du flux entropique qui va dans l’environnement…» -   « Souvent tout gâte qui trop se hâte » - ce vieil adage reflète une compréhension intuitive du fonctionnement de la loi de l’entropie : la hâte fait le déchet…la dette entropique issue de l’activité économique passée s’accumule beaucoup plus rapidement que la biosphère n’est capable de l’absorber…Désormais, il faudra mesurer celle-ci (NDLR : la productivité) d’une façon qui prendra à la fois l’efficacité thermodynamique et les conséquences entropiques…Les progrès technologiques et les économies d’échelle réduisent les coûts et accroissent le flux énergétique jusqu’au moment où l’énergie qui a été abondante se raréfie de plus en plus, tandis que la facture entropique née de la conversion passée augmente…Si nous devons passer aux énergies vertes distribuées, il nous faudra aussi les utiliser avec parcimonie, afin qu’elles ne dépouillent pas notre planète de la matière à faible entropie, tout aussi cruciale pour le maintien de la vie sur terre… ».
Repenser la propriété à l’époque de la troisième révolution industrielle (extraits) (9)
La notion de propriété est réexaminée par J.R. au travers de l’axe qu’il a retenu dans la troisième révolution industrielle, ceci compte tenu de l’évolution historique de cette notion « …L’idée de propriété, sous la forme d’un stock de céréales et de têtes de bêtes excédentaires, a dû attendre l’ère de l’agriculture, qui n’a commencé au plus tôt que vers 10 000 avant Jésus-Christ. La vie paléolithique était nomade et suivait le cycle des saisons. Les seules possessions étaient le nombre limité de vêtements, parures, outils et armes que l’on pouvait porter sur le dos…Même lorsque l’heure de l’agriculture est arrivée, la productivité a été pensée comme collective plus qu’individuelle…

Euphoriques, les économistes des Lumières se sont mis à porter aux nues les vertus innées des rapports de propriété privée sur le marché et ils ont fini par voir dans l’acquisition de biens une pulsion inhérente à notre constitution biologique et non un paradigme d’énergie/communications bien précis…
L’accès aux vastes réseaux mondiaux devient une valeur aussi importante que les droits de propriété privée aux XIXe et XXe siècles…Aujourd’hui, des centaines de millions de jeunes participent activement à des réseaux distribués et coopératifs sur Internet, prêts à donner de leur temps et de leur savoir, en général gratuitement, pour les autres. Pourquoi le font-ils ? Par joie pure et simple de partager leur vie avec les autres – et ils sont sûrs que contribuer au bien-être de tous ne leur enlève rien, mais accroît leur bien-être, énormément…Dans une économie distribuée et coopérative, le droit d’accéder aux réseaux sociaux mondiaux devient aussi important que celui de posséder une propriété privée sur un marché national. Pourquoi ? Parce les valeurs de qualité de vie sont en ascension, notamment la recherche de l’inclusion sociale avec des millions d’autres dans des communautés mondiales de l’espace virtuel… ».
J.R. poursuit son raisonnement sur le plan politique : « …La génération Internet veut la fin du mode de gouvernement autocratique centralisé, afin de pouvoir vivre dans un monde ouvert, transparent, sans frontières, conforme aux normes opératoires et aux pratiques des nouveaux réseaux sociaux qui définissent désormais les aspirations de la jeunesse du monde entier…Dans un monde latéral, même la propriété intellectuelle, l’un des piliers du capitalisme, s’effiloche et se marginalise progressivement dans la vie économique. Puisque « l’information aime circuler librement » sur une planète Internet, le copyright et les brevets sont de plus en plus ignorés ou contournés…Il est peu probable que les copyrights et les brevets survivront sous leur forme actuelle dans un monde coopératif, en source ouverte, où le droit d’accès universel prime le droit à la propriété exclusive…

De même, le droit d’accès libre et ouvert aux énergies renouvelables qui baignent la terre – le soleil, le vent, la chaleur géothermique, les vagues et les marées des océans, etc. – devient de plus en plus le cri de ralliement d’une jeunesse attachée aux styles de vie durables et à l’intendance de la biosphère… ».
Capital financier contre capital social (extraits) (10)
J.R. reprend la discussion entamée par d’autres experts sur ce sujet : «…La richesse, la productivité, l’équilibre budgétaire et les droits de propriété ne sont pas les seules composantes de la théorie économique classique en examen. C’est le principe central du capitalisme lui-même qui commence à vaciller devant les modes d’activité économique latéraux rendus possibles par les technologies de troisième révolution industrielle… ». Et J.R. de s’appuyer sur l’exemple de la disparition progressive des artisans : «…Une nouvelle classe de riches marchands a réuni un capital suffisant pour posséder les outils de production, qui jusque-là appartenaient aux artisans eux-mêmes…L’historien Maurice Doob résume toute l’importance de ce basculement de l’artisanat à la production industrielle et du travail à domicile aux entreprises capitalistes : « La subordination de la production au capital et l’apparition de cette relation de classe entre le capitaliste et le producteur doivent être considérés comme constituant une ligne de partage entre l’ancien mode de production et le nouveau. ».

Dans les nouveaux espaces de communication et d’énergie distribués et coopératifs de la troisième révolution industrielle, en revanche, l’accumulation du capital social devient aussi importante et précieuse que celle du capitalisme financier. Pour une raison évidente : les technologies de communication ne cessant de devenir meilleur marché, le coût d’entrée dans les réseaux s’effondre…les faibles coûts d’entrée dans les réseaux latéraux permettent à pratiquement n’importe qui de devenir un entrepreneur en puissance et de coopérer sur l’espace ouvert d’Internet et dans les communaux du réseau électrique intelligent…A preuve les jeunes de vingt et quelques années qui ont créés Google, Facebook et d’autres réseaux mondiaux littéralement dans les dortoirs de leur université…
Produire un bien pour l’échanger, idée force du capitalisme, devient de moins en moins rentable dans une économie intelligente où les coûts d’échange ne cessent de s’alléger jusqu’à la quasi gratuité…Au fil de cette évolution, les échanges de biens sur les marchés vont céder la place aux relations d’accès à des réseaux coopératifs, et la production pour la vente va être absorbée par la production pour l’utilisation en juste à temps…
Sur les marchés capitalistes traditionnels, le profit se réalise par les marges liées aux coûts de transaction. Autrement dit, à chaque étape du processus de conversion le long de la chaîne de valeur, le vendeur augmente le coût pour l’acheteur afin de faire un bénéfice. Le prix définitif du bien ou du service pour l’utilisateur final intègre ces différents ajouts… Quand les coûts de transaction de la participation au nouveau système de communication/énergie de la troisième révolution industrielle approcheront de zéro, il ne sera plus possible de maintenir des marges bénéficiaires et il faudra repenser la notion même de profit…Le passage de la relation vendeur-acheteur au rapport fournisseur-usager, et de l’échange de propriétés sur des marchés à l’accès à des services pour un temps déterminé dans des réseaux, nous fait voir la théorie et la pratique économique sous un autre jour… ».
Le rêve de la qualité de la vie (extraits) (11)
Selon J.R. « …le rêve de la qualité de la vie ne peut être vécu que collectivement. Il est impossible de jouir de la qualité de la vie isolément, en excluant les autres…Le produit intérieur brut (PIB), créé dans les années 1930, mesure la valeur de la somme des biens et services économiques produits pendant un an. Le problème c’est qu’il prend en compte les activités économiques négatives de la même façon que les positives…L’indice de bien-être durable (IBED), l’indice de santé sociale (ISS) du Fordham Institute, l’indicateur de progrès variable (IPV), l’indice de bien être économique (IBEE) et l’indice de développement humain (IHD) de l’ONU comptent parmi les nombreux modèles récents d’indice de la qualité de la vie… ».
La redécouverte de l’espace et du temps (extraits) (12)
Selon J.R. « …L’espace a été perçu comme un récipient - un entrepôt -, plein de ressources utiles que l’on pourrait aisément s’approprier à des fins économiques… ». J.R. de citer l’un des modèles des rétroactions : « …Le méthane migre dans l’atmosphère et y réduit le pourcentage de l’oxygène jusqu’à ce qu’il retombe au sein de la fourchette convenable. Ce n’est que l’une des innombrables boucles de rétroaction qui font en sorte que la biosphère reste le lieu hospitalier pour l’épanouissement de la vie sur terre…la nouvelle infrastructure en réseau de l’économie cherche de plus en plus à imiter les mécanismes des écosystèmes naturels de la planète…L’ancienne science voit la nature comme un ensemble d’objets ; la nouvelle science la voit comme un ensemble de relations…La nouvelle science nous fait passer d’une vision colonialiste de la nature, ennemie que l’on va piller et asservir, à une vision neuve où la nature est une communauté dont on prend soin…Pour survivre et prospérer en tant qu’espèce, il nous faudra repenser nos concepts d’espace et de temps…Aujourd’hui l’éclairage électrique vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, la communication permanente par Internet, le voyage aérien, le travail posté et des milliers d’autres activités nous ont dissociés de nos horloges biologiques primordiales…La troisième révolution industrielle nous ramène à la luminosité solaire…En comptant sur les flux d’énergie qui traversent la biosphère terrestre – le soleil, le vent, le cycle hydrologique, la biomasse, la chaleur géothermique, les vagues et les marées des océans – nous nous reconnectons avec les rythmes et périodicités de la planète…
Aujourd’hui, le passage de la centralisation de la deuxième révolution industrielle à la latéralité de la troisième impose une refonte du système éducatif… »
Il sera question de cette refonte que J.R. propose dans le document suivant que je vais rédiger et qui s’appuie sur ce que J.R. a intitulé « La salle de classe change de visage ».
Que retenir pour une éducation technologique de demain ?

Toujours en interdisciplinarité, sur les parties techniques il est important de retenir et de contribuer en technologie collège à illustrer les notions comme celles d’irréversibilité et de ressources finies et d’entropie, cette dernière déjà abordée dans mes documents précédents.

Sur le plan de la compréhension politique de l’économie d’entreprise, si le poste financier- personnels le plus important dans une entreprise est celui de la rémunération du personnel, donc celui sur lequel les entreprises font prioritairement pression pour leur stratégie de développement comme en cas de difficulté, le second est le poste financier énergie.

Plus généralement sont en évolution et en mis en cause dans le cadre de la troisième révolution industrielle, les notions de propriété, de capital social et de capital-financier

Le prochain document de la troisième partie de l’ouvrage de J.R. « L’âge de la coopération », traitera dans le chapitre 8 « La salle de classe change de visage » : la conscience biosphérique ; le développement de l’empathie et la recherche du lien biophilique ; la classe distribuée et coopérative ; l’enseignement latéral et le savoir latéral ; la biosphère ; un apprentissage distribué et coopératif ;

- et dans le dernier chapitre 9 « Passer de l’ère industrielle à l’ère coopérative » : les notions de fin du salariat de masse ; repenser le travail ; de société civile ; de l’alliance du capital public avec le capital privé et le rôle de plus en grand avec le capital social.

Bibliographie, sitographie
(1) RAK, I. (2013). La troisième révolution industrielle. Et dans l’éducation technologique demain ? 6 – De la mondialisation à la continentalisation. Sur http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/index.html.

(2) RIFKIN, J. (2012). La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde. Editions Les liens qui libèrent. IBSN : 978-2-918597-47-6 ; 414 pages, 24 euros.

(3) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 275.

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith

(5) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 275-277.

(6) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 277-282

(7) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 282-289

(8) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 289-301

(9) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 301-309

(10) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 309-314

(11) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 314-316

(12) RIFKIN, J. (2012). Op. cité page 316-324





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