Conférence Marcel Dorigny, maître de conférence à Paris VIII, 27/11/2013





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Conférence Marcel Dorigny, maître de conférence à Paris VIII, 27/11/2013
Présentation synthétique sur les premières colonisations issue d’une sélection de documents de l’Atlas des premières colonisations XVe siècle début XIXe siècle publié aux éditions Autrement. Atlas qui essaye de faire une synthèse de l’expansion européenne à partir du XVe siècle.
La première phase de l’expansion coloniale (fin XVe siècle).

Les empires coloniaux ont modelé le monde d’aujourd’hui : exportation des langues européennes, de la religion. Ces premiers empires coloniaux vont aboutir à une première mondialisation.

1er document, carte fin XVe siècle : Qu’est-ce que les Européens connaissaient du monde ? Côte de l’Afrique, un immense océan, ce que l’on croit connaître de l’autre côté de l’océan, c’est l’Asie. Un monde qui pour les Européens se réduit à peu de chose. La connaissance de l’Asie est issue de l’œuvre de Marco Polo.

Marco Polo a laissé un récit de son voyage en Asie (aller par terre, retour par voie maritime) qui est un récit détaillé mais flou. Du coup, on va se représenter l’Asie avec une taille beaucoup plus grande que dans la réalité.

Les voyages qui commencent au XVe siècle ont une finalité commerciale. L’élément déclencheur de la sortie de l’Europe de ses limites, c’est la conquête ottomane qui va verrouiller la Méditerranée orientale. Désormais l’achat de produits venus d’Asie se renchérit. Les grands marchands italiens vont considérer que ces produits sont devenus inabordables (soie, épices…). La solution : atteindre l’Orient en contournant l’Afrique mais les Européens n’ont pas la moindre idée de la longueur du continent africain. Les Portugais sont les premiers à se lancer à la recherche de cette route. Cela va prendre ¾ de siècle pour la trouver. Henri, dit le navigateur (prince portugais) commandite ces expéditions.

Prise de contact par les Portugais avec la population africaine littorale pour faire du commerce, occupation d’îles (Sao Tomé…). Commerce sur deux produits : l’or, les esclaves. Ils ont découvert des marchés d’esclaves. Dans le sud de l’Europe l’esclavage s’était maintenu sous des formes diverses depuis l’Antiquité. C’est le début du cycle négrier. Achats de captifs pour les emmener au Portugal pour en faire des domestiques (en majorité de femmes), des travailleurs agricoles. Fin XVe siècle, un tiers des habitants de Lisbonne est d’origine africaine. L’économie de plantation débute sur les îles au large de l’Afrique (le Cap vert).

Les navigateurs portugais vont apprendre la navigation sur un océan inconnu, à faire des cartes (entre 1420-1490).

D’autres réfléchissent à d’autres méthodes pour trouver l’Asie : la route vers l’Ouest. Beaucoup de projets sont élaborés dont celui de Christophe Colomb qui va convaincre le roi d’Espagne de financer ce voyage. Enjeu commercial, politique, scientifique. Il est persuadé qu’en trois semaines, on arrive vers l’Asie. Doubles erreurs de C. Colomb : avoir surestimé l’étendue du continent asiatique, ne pas savoir qu’un continent existe entre l’Asie et l’Atlantique (l’Amérique). C. Colomb n’a jamais admis son erreur. Un lieutenant de C. Colomb, Amerigo Vespucci va démontrer qu’il s’agit d’un nouveau continent. C’est en 1507 qu’une carte est dessinée et porte le nom d’America pour désigner la partie actuelle du Vénézuela (carte confectionnée à Saint-Dié-des-Vosges).

L’Europe se retrouve donc face à un nouveau continent et la connaissance du passage par l’Afrique. Rivalité entre les découvreurs espagnols et portugais (dès 1493) qui débouche sur un arbitrage du Pape. Décision issue d’un traité qui partage le monde, le traité de TORDESILLAS. Un méridien au milieu de l’atlantique (dont on ne sait rien !) : toutes les terres nouvelles à l’Est reviennent aux Portugais, à l’Ouest c’est pour les Espagnols. Donc un partage à l’aveugle qui pose problème. Brésil devenu Portugais suite à une erreur de navigation. 2e problème : on ne sait pas calculer le méridien dans le Pacifique. Ce qui va compter dans le partage du pacifique Sud, c’est le premier arrivé. Les Hollandais vont évincer les Portugais. Donc le partage entre Portugais et Espagnols ne dure qu’un siècle. Les autres puissances européennes veulent leurs parts. Fin XVIIIe siècle, dans la région de Vancouver, les Anglais se sont heurtés aux ambitions de l’Espagne (référence au traité de Tordesillas). C’est le dernier affrontement qui a failli aboutir à une guerre au nom du traité de Tordesillas.
Population des Grandes Antilles : une des conséquences majeures, c’est la rencontre entre deux humanités. Pendant longtemps, les Espagnols vont sous-estimer la population première. Forte densité humaine dans les Grandes Antilles, elles vont voir leur population entière disparaître suite à l’arrivée des Espagnols. Cela se passe en une génération. C’est un choc violent. Les Amérindiens ne sont pas tombés sous le poids du monde (les conquistadors sont une poignée). Plusieurs causes : massacres, guerres, le sur-travail notamment dans le mines et des mauvais traitement qui l’accompagnent, choc bactériologique. Peut-on parler de génocide ? Non, car pas d’intention. Voir carte de la progression des épidémies (variole, typhus, « grippe ») au Pérou. Donc choc de cette première vague de colonisation. Territoire dépeuplé ce qui constitue une impasse pour exploiter le continent. Solution trouvée très rapidement, recours à l’Afrique dès 1503, soit onze ans après la découverte de l’Amérique. Le premier navire débarque des esclaves africains au Brésil. Mais ce navire ne vient pas d’Afrique mais du Portugal où il existait déjà des « stocks » d’esclaves africains.

Controverse qui a fait de Las Casas celui qui a donné l’idée de la traite négrière. Mais aujourd’hui ce n’est plus admis même si une controverse existe encore. Dès 1798, l’abbé Grégoire a prononcé devant l’Institut de France, un plaidoyer sur Las Casas où il démontre que Las Casas n’a jamais donné la consigne d’aller chercher des esclaves africains.

La population de l’Afrique n’a pas augmenté entre le XVIIe et le XIXe siècle. Saignée de 13 millions due à la traite mais autour de la traite il y a aussi une mortalité (guerres, razzia…).

Quand la monoculture du sucre s’installe cela correspond à la massification de la traite.
Aspects géopolitiques :

Carte du partage de l’Amérique du Nord : constitution de deux grands empires, le français (avec la Nouvelle-France de l’Atlantique jusqu’au grands lacs entre le XVIIe et le XVIIIe) et l’anglais. La France n’arrivera jamais à peupler ces possessions d’Amérique du Nord. La France en Amérique du Nord c’est un immense territoire du Mississippi jusqu’au Saint-Laurent. Peuplement français dans la vallée du Saint-Laurent mais ensuite il est sous peuplé avec la présence de forts (en bois). La Louisiane française, c’est du golfe du Mexique au grands lacs (capitale Bâton-Rouge). Au départ, les négociateurs américains venaient négocier un accès à la mer et ensuite Bonaparte a décidé de vendre la Louisiane.

Le peuplement français en Amérique du Nord va se heurter à des difficultés qui vont freiner le départ de volontaires. Le projet français c’est de faire de cette Nouvelle-France, un peuplement français sans métissage (mais un métissage dans les faits existe). Donc organisation de migrations de jeunes filles pour la vallée du Saint-Laurent : « les filles du roi » (entre 15 et 20 ans qui vont être recrutées dans des familles pauvres). Elles reçoivent un pécule pour s’installer et fonder des familles. Résultats très inégaux mais une natalité parfois explosive (jusqu’à 17 enfants). Il semblerait que les jeunes filles envoyées en Nouvelles France n’étaient pas des prostituées mais issues de familles pauvres. En Louisiane, le problème du peuplement se pose et sous Louis XV on va rafler des prostitués un peu partout en France méthode illustrée par Manon Lescaut. Pratique qui va faire de l’ombre au peuplement de ces colonies. Les Anglais ont un immense territoire à peupler mais il est mieux placé (façade maritime, latitudes où l’agriculture est plus facile). Donc le peuplement européen y est plus facile. L’attractivité pour ces territoires est donc plus grande. Autre chose : tolérance religieuse, donc des dissidents, des juifs vont venir s’installer. 2 200 000 britanniques en Amérique du Nord avant l’indépendance des Etats-Unis.

En Angleterre, le système des enclosures va entrainer le départ de paysans sans terre. Beaucoup partent en Amérique. En France, le système est différent. Les communautés rurales françaises renforcent leurs droits et cela va s’accentuer pendant la Révolution française. L’exode rural français c’est au XIXe siècle. L’Algérie sera donc la seule véritable colonie de peuplement français. Donc le peuplement de l’Amérique du Nord par les Français ne se fait pas. Difficultés pour la Louisiane de s’approvisionner en esclaves pour la culture du tabac.
Les premiers empires coloniaux c’est aussi l’implantation d’une civilisation européenne qui va éradiquer presque entièrement les civilisations anciennes. Christianisation de l’Amérique du sud par les Espagnols, c’est une priorité (coloniser c’est agrandir le royaume du Christ). Idem pour les Portugais. Les Espagnols importent aussi l’Inquisition. Implantation d’écoles et d’universités.

En Amérique du Nord, les Français quadrillent leur territoire par des évêchés mais pas d’université. Côté Anglais, un esprit de tolérance religieuse.

Mise en place d’une civilisation atlantique quelle que soit la nationalité, une culture commune de l’Atlantique Nord.

La Franc-maçonnerie : pratique culturelle et sociabilité qui se transposent dans le monde colonial en ignorant les appartenances nationales (voir carte de la répartition d’une des loges d’Amsterdam). Les colons propriétaires d’esclaves, les négriers, les négociants, les armateurs… sont francs-maçons.

Les échanges et les réseaux sont font aussi par des mariages.

La science coloniale : un milieu, soit issu des colons soit venant des métropoles, qui va développer des pratiques scientifiques notamment la botanique. La navigation avec la connaissance des courants marins (exemple, carte du Gulf Stream établie par B. Franklin). Défi du calcul des longitudes : invention de la méthode des pendules. Donc nécessité de mettre en place des pendules marines fiables. Le calcul des longitudes, un enjeu entre la France et l’Angleterre pour la conquête du Pacifique. Techniquement la France a gagné, mais politiquement c’est l’Angleterre qui a imposé son système avec le méridien O qui passe par l’Angleterre.

Le réseau des académies est inexistant dans les colonies sauf à Saint-Domingue avec le cercle des philadelphes dont le siège est au Cap. Certains membres sont des amateurs d’autres sont des savants. Exemple de travaux : la botanique mais aussi des études sur les volcans.
Donc la première colonisation c’est tout cela : des massacres mais aussi l’implantation de civilisations. Au XVIIIe siècle la question de l’indépendance des colonies est en débat. Des indépendances blanches ou ruptures coloniales viennent des colons. En Amérique espagnole c’est aussi les grands colons qui prennent la tête de la révolte.

Pas de coïncidence entre indépendances et abolition de l’esclavage sauf à Saint-Domingue en 1804.


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