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CERTIFICAT D'APTITUDE AU PROFESSORAT DE L'ENSEIGNEMENT DU SECOND DEGRÉ
SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
Concours externe et CAFEP correspondant

Rapport sur les épreuves d’admissibilité présenté par Gilles FERRÉOL

Professeur à l'Université de Franche-Comté

Président du jury

Session exceptionnelle 2013
PRÉSENTATION DU RAPPORT

Ce rapport, relatif à la session exceptionnelle 2013, concerne l’admissibilité. Les statistiques ci-dessous vont à l’essentiel :

CAPES Externe CAFEP-CAPES

Nombre de postes mis au concours  170 13

Nombre total d’inscrits y compris ENS  2151 300




ADMISSIBILITÉS

CAPES EXTERNE

CAFEP- CAPES

Nombre de présents à la première épreuve

876

107

Nombre de présents à la deuxième épreuve

838

103

Nombre d’admissibles

280

14

Pourcentage d’admissibles par rapport aux présents

33,73

13,86

Barres d’admissibilité 

45/120 soit 7,5/20

57/120 soit 9,5/20



On trouvera, dans les pages qui suivent, des éléments de correction détaillés, ainsi que diverses recommandations se rapportant aux compositions de sciences économiques et de sciences sociales.

Une connaissance précise des « règles du jeu » est ici essentielle et constitue, à l’évidence, l’une des clés de la réussite. Encore faut-il lui associer une préparation spécifique, privilégiant rigueur et méthode.

Les oraux auront lieu, dans la deuxième quinzaine d’avril, à Paris, au lycée Rodin. Le rapport final sera disponible en juin 2014.

Bonne préparation d’ici là !

Gilles FERRÉOL

Professeur des Universités

Président du jury
COMPOSITION DE SCIENCE ÉCONOMIQUE
Membres du jury : Odile ALTAY-MICHEL, Lionel ANSELIN, Gildas APPÉRÉ, Sébastien ASSERAF-GODRIE, Catherine BRUET, Emmanuel BUISSON-FENET, Karine CHARLES, Marie-Claire DELACROIX, Christian FEYTOUT, Nathalie GINESTE, Anne KEMPF, Sophie LAVAL, Sophie MATTERN, Philippe NOREL, Mireille SCHANG; Dominique SZCZESNY.
Rapporteur : Philippe NOREL
Quelques éléments statistiques :

Concernant cette épreuve, la moyenne des présents pour le CAPES est de 5,77 et celle des admissibles de 9,83 (contre, respectivement, 5,67 et 11,14 pour le CAFEP).

Sujet de dissertation : Déficit public et mondialisation (16 points)
Question portant soit sur l’histoire de la science économique, soit sur l’épistémologie de la discipline : Les théories économiques : opposition ou complémentarité ? (4 points)

Eléments de correction du sujet de dissertation : Déficit public et mondialisation
Le sujet proposait une réflexion assez inhabituelle. Il invitait à laisser de côté le lien traditionnel entre déficits publics et politique économique (lien que l’on pouvait se contenter de rappeler succinctement), soit un raisonnement partant de l’économie nationale, pour analyser la corrélation récente entre la montée de certains déficits publics et la globalisation. C’est donc un sujet qui supposait à la fois une connaissance de l’actualité économique, des bases en finance internationale et finances publiques, et une bonne maîtrise des relations macroéconomiques fondamentales en économie ouverte. Il requérait, sinon de définir la mondialisation, du moins de la caractériser dans ses grandes dimensions : libéralisation commerciale et hausse de l’extraversion (elle-même en partie liée à l’internationalisation des processus productifs), dynamique de l’investissement direct et stratégies globales des firmes transnationales, création d’un marché financier unifié voué, entre autres, à financer les déséquilibres internationaux, affaiblissement des régulations étatiques, au moins à l’échelle nationale. Il exigeait une définition précise du solde public (distinguant entre l’État au sens restreint et au sens large, incluant donc protection sociale et collectivités locales).
La problématique était au fond de savoir si le niveau et la pérennité de déficits publics, notamment en Europe et aux États-Unis, ne dépendent pas désormais autant, voire davantage, du contexte de globalisation que de logiques particulières de politique économique. Il s’agissait, pour y répondre, d’analyser en quoi déficits publics et mondialisation interagissent structurellement, la causalité n’étant pas univoque de la mondialisation vers les déficits puisque les déficits confortent eux-mêmes certains aspects de la globalisation, dont la mobilité des capitaux. Le sujet amenait à appréhender le déficit comme une variable cruciale et symptomatique des déséquilibres. En ce sens, il ne s’agissait pas de savoir si la mondialisation peut, comme le voudrait la théorie, diminuer le déficit public en général. Il fallait plutôt discriminer entre les économies et réaliser qu’en favorisant les pays les plus compétitifs et attractifs, la mondialisation pénalise d’autant ceux qui le sont moins et les pousse au déséquilibre de leurs comptes publics.
Par ailleurs, la question était sans doute traitable de multiples façons, et sa richesse interdit de prétendre repérer ici toutes les dimensions pertinentes possibles. En particulier, la problématique de la gestion des déficits publics (et de leurs composantes particulières), dans le cadre des contraintes de la mondialisation, pouvait prendre une place assez importante. Un plan fondé sur, premièrement les liens réciproques entre déficits publics et mondialisation et, deuxièmement, les aléas de la gestion de ces déficits dans un tel contexte, était donc possible. Un autre plan basé sur les liens réciproques entre les deux pôles du sujet (en quoi la mondialisation entraîne les déficits de certains, puis en quoi les déficits justifient ou infléchissent la mondialisation) était également envisageable. Le choix fait ici sera un mixte de ces deux possibilités. On propose donc de développer le sujet en se basant sur les liens de causalité (ou d’entraînement) entre les deux phénomènes, mais en montrant aussi comment la gestion des déficits publics en est partie prenante. On peut ainsi, en première partie, voir en quoi la mondialisation (du commerce, des investissements directs et des flux de portefeuille) stimule l'apparition de déficits publics ou leur renforcement. En seconde partie, on s’attaquera au lien inverse, à savoir en quoi des déficits publics importants, notamment dans la mesure où leur gestion devient vite délicate, ont pu entraîner et/ou légitimer certaines formes de mondialisation, notamment financière, tout en contribuant eux-mêmes à restructurer cette mondialisation.
I. Une mondialisation stimulant les déséquilibres internationaux, donc aussi les déficits publics


A . Causalité structurelle


1. La mondialisation libéralise d’abord les échanges de biens et services. Elle discrimine en fonction des compétitivités relatives, ce qui aboutit à moins de croissance dans les pays les plus faibles, à des déficits publics compensatoires éventuels pour répondre à des problématiques de relance économique et/ou de protection sociale. On pouvait évoquer à ce sujet la responsabilité (limitée) de pays émergents à bas salaires, par ailleurs parfois aussi protectionnistes, dans les déficits extérieurs des pays du Nord, comme dans la chute de leurs taux de croissance. En revanche, on devait développer l’idée que si l’intégration aux échanges mondiaux de nouveaux venus se traduit par un essor des exportations de certains pays du Nord, l’effet sur la croissance peut aussi être positif, comme en Allemagne. C’est donc bien dans la compétitivité relative de chacun que réside le résultat, positif ou négatif, sur le solde public. Formellement, on pouvait invoquer la logique des soldes jumeaux, internes et externe. Les pays subissant un déficit courant plus fort connaissent, par ricochet, un déficit interne en vertu de l’équation : solde épargne-investissement (S-I) + solde public (T-G) = solde extérieur courant (aux transferts près). Dès lors, les déficits externes peuvent entraîner des déficits publics dans les pays moins compétitifs, sauf si l'écart entre I et S prenait sur lui la totalité de la détérioration du déficit externe. Le cas le plus courant est qu’il en prenne une partie. L’expérience a aussi montré que cet écart entre I et S est d’abord et surtout le reflet de la taxation des plus hauts revenus : quand celle-ci est forte, S peut devenir fortement inférieur à I, alors qu’une fiscalité plus favorable provoque l’effet inverse. On peut, à titre de simplification, et en l’absence de politiques actives de modification de la répartition du revenu, considérer le solde épargne-investissement comme évoluant plutôt dans le même sens que le déficit public, suite à un déficit extérieur.
2. Seconde composante de la mondialisation, la libéralisation des Investissements directs étrangers (IDE) amène, via les délocalisations, des pertes nettes d'activités sur certains territoires moins attractifs, lesquelles entraînent moins de recettes fiscales (et plus de dépenses sociales), par conséquent un déficit public accru. Par ailleurs, tout pays qui connaît un IDE net négatif verra diminuer ses exportations et augmenter ses importations. On pouvait prendre l’exemple des délocalisations dans l’industrie automobile : une voiture de marque française, désormais assemblée en Slovaquie, ne sera plus exportée de France et, pour ce qui est du marché intérieur hexagonal pour ce véhicule, ce seront désormais des importations qui l’alimenteront. Un IDE sortant de ce type est donc doublement pénalisant sur le solde courant du pays d’origine. Là encore, dans le cadre de l'approche par les déficits jumeaux, on a bien un lien de la mondialisation vers les déficits publics.
B. Causalité conjoncturelle


1. Une globalisation financière aujourd’hui en cause. La crise financière dite des subprimes est très largement liée à la globalisation financière et à l'approfondissement des marchés internes qui l'accompagne. Au cœur de cette crise, c’est bien la possibilité de vendre sur un marché mondial très large les titres dérivés des subprimes (RMBS, CDO, etc.) qui est responsable de la défiance interbancaire ayant paralysé l’économie mondiale en 2008-2009. Cette crise a été gérée par les États en soutenant les banques en difficulté par des garanties publiques et surtout des prêts comme des participations en capital. Ces mesures ont pesé parfois directement sur le seul endettement mais, plus souvent, sur les déficits annuels. C'est aussi par le soutien public à l'activité en 2009 que ces déficits se sont créés (voir le cas de l’Espagne). On est, dès lors, devant un cas dramatique de création (parfois) ou d’approfondissement (souvent) des déficits publics par le biais d'une crise liée à la globalisation financière.
2. La responsabilité de cette globalisation dans la genèse des déficits excessifs n’est pourtant pas séparable de la mondialisation des échanges. Cette dernière en effet, en renforçant les contraintes de compétitivité, a poussé à gérer ces contraintes essentiellement par le coût relatif du travail. De ce fait, certains pays, voire la plupart des pays du Nord, n’ont pu maintenir leur compétitivité qu’en stérilisant la dynamique de leur marché intérieur. Dans ces conditions, comme cela a été codifié dans le concept de « modèle anglo-saxon » (Gaffard), la norme est devenue la pression sur les salaires réels tout en développant des formes de crédit destinées notamment à resolvabiliser artificiellement les ménages les plus fragilisés. La création des crédits subprimes et leur titrisation ne sont donc que l’aboutissement de ce modèle anglo-saxon, lui-même lié à la mondialisation des échanges de biens et services.


Au total, c'est par ses trois composantes (commerce, investissement direct, flux de capitaux de portefeuille) que la mondialisation est déterminante dans les déficits publics, structurellement comme conjoncturellement, même si d'autres facteurs ont bien sûr aussi joué.

II. Des déficits publics qui légitiment et transforment la mondialisation
A. Les déficits publics ont créé ou entretiennent la globalisation financière


  1. Le déficit public des États-Unis est historiquement à l’origine de la titrisation, composante principale de la globalisation financière. Ce déficit public, lié à un déficit courant récurrent depuis le milieu des années 1970, est apparemment l'élément déterminant dans la libéralisation des flux de capitaux par ce pays à partir de 1974. La globalisation financière a eu, pour premier objectif, de permettre un financement à bas coût et en douceur des déficits jumeaux. Avec la titrisation des dettes internationales, la globalisation financière a historiquement rompu (Plihon) avec une logique de financement des déficits externes, soit par l’aide (années 1960), soit par les crédits bancaires internationaux (années 1970-1980). Ensuite, à partir de la libéralisation financière, les autres pays ont dû suivre car l'attrait des capitaux leur devenait préjudiciable (cf. Simmons, Kébabdjian, Eichengreen). Une incise historique récente pouvait trouver sa place ici même s’il était peu probable que les candidats la maîtrisent.




  1. Le maintien des déficits publics de ces emprunteurs internationaux entretient et renforce la mobilité des capitaux. Il importe de maintenir ces flux globaux de capitaux pour permettre un financement souple des États, sans quoi les ajustements sévères qui en découleraient seraient préjudiciables à la croissance. Seul le Japon a en partie échappé à cette logique puisqu’il finance en interne sa dette publique colossale. Nous sommes en revanche, depuis quatre ans, parvenus, en zone Euro, à la limite de cette relation... Ainsi, non seulement le déficit public légitime la mondialisation des flux de placement, mais encore il oblige désormais les États à des politiques d’attractivité de ces capitaux mobiles, renforçant une des logiques fondamentales de la globalisation. Le maintien de cette attractivité suppose une maîtrise minimale des déficits publics, passant aujourd’hui par des politiques d’austérité, lesquelles renforcent elles-mêmes la logique de compétitivité inhérente à la mondialisation commerciale. Le Portugal et la Grèce, dans un contexte de monnaie commune et unique non dévaluable, n’en sont que l’expression la plus extrême. On pouvait aussi, dans cette section, discuter du choix des composantes à rééquilibrer côté dépenses, comme de la concurrence fiscale ouverte entre pays déficitaires ou craignant de le devenir.


B. Les déficits publics transforment les structures de la mondialisation


  1. Des déficits qui restructurent l’économie mondiale. L’économie mondiale est aujourd’hui structurée par des déséquilibres importants de balances des paiements, eux-mêmes reflétés pour partie dans les déficits publics d’un certain nombre de grands pays déficitaires. Le surcroît de demande dans ces économies alimente les excédents courants de quelques grands pays émergents et notamment la Chine. Cette dernière utilise une partie des devises ainsi gagnées, soit pour investir sur d’autres continents en développement, soit pour leur acheter des matières premières ou y acquérir des terres agricoles. Autrement dit, ce sont bien à l’origine les déficits de certains pays développés qui alimentent, pour partie, la croissance actuelle de l’Afrique noire et de quelques pays latino-américains. Il n’est ainsi pas exclu que, demain, l’Afrique noire devienne le nouveau terrain de réalisation du modèle asiatique de développement en vol d’oies sauvages (Hugon). Les déficits de quelques pays développés, par le biais des émergents qui en tirent profit, contribuent à reformuler la hiérarchie mondiale en matière de développement.




  1. Une gestion des déficits qui pousserait à remettre en cause les paradis fiscaux. Il est évidemment trop tôt pour conclure quant au caractère effectif de l’affaiblissement, pour ne pas parler de la suppression, des paradis fiscaux, suite aux réformes de la transparence en matière d’avoirs bancaires, impulsées par Paris, Washington et Londres et reprises récemment par le G8. Mais il est clair que la gestion de déficits publics intenables détermine aujourd’hui un besoin de limiter la capacité de nuisance de l’évasion fiscale et de ces « paradis » sur les finances publiques. En ce sens, et sous réserve d’inventaire, la gestion des déficits publics pourrait remettre en cause des structures jusqu’ici fondamentales pour l’optimisation fiscale des firmes plurinationales, voire nécessaires au fonctionnement du capitalisme mondial (Palan).


En définitive, cette seconde partie montre une influence multi-facettes des déficits publics sur la mondialisation : création et entretien/légitimation de la globalisation financière, restructuration des hiérarchies de l’économie mondiale, mise en cause potentielle des paradis fiscaux.
Il semblait difficile d’attendre des candidats une claire perception des éléments I B2 et II A1. La formalisation en termes de soldes jumeaux du I A1 était souhaitable mais sans doute pas impérative si le raisonnement littéraire venait compenser. En revanche, les autres éléments présents dans ce plan étaient clairement attendus.
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