Pour la creation d’un nouvel enseignement obligatoire d’education technologique au lycee ( 2ère partie)





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Quelques illustrations « différentielles »
 La montre, en tant que mécanisme d’horlogerie, existe avant que Galilée découvre les lois du pendule en 1573. De ces lois, Huygens n’inventera qu’en 1657 le balancier des horloges. Mais c’est l’invention du ressort spiral en 1675 (grâce aux progrès dans la fabrication des aciers), invention technique (sans inventeur !) qui, en améliorant par 5 la précision des montres mécaniques, donnera le chronomètre (ainsi appelé en 1701), cet instrument portatif de mesure de précision du temps qui jouera un rôle essentiel dans les grandes découvertes.
 Le moteur électrique :

- pour un physicien, un moteur électrique se réduit souvent à un champ induit, engendrés par des modèles d’action (une spire, un solénoïde) qui interagissent selon une ensemble de lois ;

- pour l’électrotechnicien actuel, l’un des moteurs les plus performants est un moteur autosynchrone à champ tournant triphasé et à rotor à aimant permanent terres rares (samarium-cobalt ou fer-bore-néodyme) contrôlé par un variateur tout numérique à processeur de signal. C’est-à-dire un ensemble technique dont la compréhension et la modélisation en vue de l’obtention de performances spécifiées nécessite des compétences en électrotechnique, en automatique, en informatique... et en mathématiques ;

- pour un constructeur de moteurs performants (ABB, Siemens, Fanuc, Num,...), un moteur est un ensemble électrotechnique optimisé (rotor, stator et variateur), intégré dans un ensemble optimisé mécaniquement (guidages de précision, construction antivibratoire, masse minimale), thermiquement (perte minimales, refroidissement, ...) et sécuritairement (protections vis-à-vis des perturbations électriques, protection humaine).

- pour un ingénieur mécanicien, concepteur de machines, un moteur performant c’est une source de mouvement, aux performances dynamiques définies, fonctionnant dans un environnement donné pour une durée de vie imposée, facilement installable, entretenable et maintenable, pour le coût minimum.
Différences et convergences
Quelques principales différences entre les sciences et les techniques * (je préfère ce terme à Sciences industrielles, qui manie trop l’ambiguïté) peuvent être résumées par le tableau ci-contre. Les démarches sont également différentes :

- dans la démarche scientifique la technique est un moyen et les ingénieurs et techniciens des prestataires de service (très souvent considérés comme de simples auxiliaires...);

- dans la démarche technologique, la science est un outil et les scientifiques des prestataires de service. (fig. 2)


Fig. 2

Démarche technologique

Démarche scientifique

besoins solutions produitsclients besoins

Production distribution satisfaction (ou non)

faits  lois  faits ...

modélisation prédiction


Quelques convergences
 L’expérimentation : scientifiques et ingénieurs pratiquent une démarche expérimentale similaire pour valider (ou non), les uns des hypothèses, les autres des prototypes et des produits.

 L’interdépendance mutuelle : la science ouvre es champs à la technique qui en retour apporte des instruments pour faire progresser la science.

 La technologie de pointe pour et dans lesquelles science et technique sont étroitement imbriquées.

 Les brevets.

- l’évolution des paradigmes socio-économiques : flexibilité/productivité ; compétences/carrière ; rentabilité/compétitivité, mondialisation/ nationalisation ; ...

- l’évolution permanente des métiers c’est-à-dire tant la permanence des fonctions avec de nouvelles méthodes et de nouveaux outils (par exemples : les métiers de la conception des produits, les métiers de la production littéraire,...) que l’apparition de nouveaux métiers (les métiers de la gestion des déchets et de l’environnement, ceux du multimédia, des loisirs....) ; etc...
La recherche d’une progression équilibrée et synthétique entre ces différentes dimensions pour construire un enseignement de technologie ayant l’objectif de former des usagers cultivés, entrepreneurs, passionnés et responsables, requerrait une mise à plat de l’ensemble des programmes de sciences et technologie de l’école au lycée, et l’expérimentation de scénarios alternatifs ou complémentaires.
Avec en performance lors de la transition d’un niveau de formation au suivant un double souci :

- une continuité évidente pour tous (et en particulier des élèves...) dans la construction des différentes dimensions ;

- une rupture tout aussi forte dans les points de vue développés, les pratiques et les supports.
Je me limiterai dans cet article à examiner la question des finalités et des scénarios possibles pour un enseignement d’une technologie pour tous au lycée.

UNE TECHNOLOGIE POUR TOUS AU LYCEE ?
Questions préliminaires
Proposer la technologie comme discipline d’enseignement général pour tous les élèves au lycée, c’est poser et tenter de répondre à un ensemble de questions :

- quelles finalités ? et quels objectifs ?

- enseignement obligatoire ou optionnel ?

- quelle incidence sur les voies technologiques industrielles et tertiaires ?

- quelle continuité/rupture avec la technologie du collège ?

- programme « multivoies » ou programmes colorés par la voie ?

- programmes compacts ou modulaires ?

- quelle stratégie de mise en place et de généralisation éventuelle ?

- quel(s) profil(s) d’enseignant(s) ?

- quels moyens ?

- quel(s) mode(s) d’évaluation au baccalauréat ?

- quels scénarios possibles ?
Quelles finalités ?
La finalité première est de transmettre les compétences et connaissances technologiques indispensables à la vie citoyenne et sociale dont l’acquisition suppose la maturité de l’adolescence.
Une seconde finalité pourrait être la capacité à construire et réaliser un projet personnel. Il va de soi qu’il ne s’agit pas d’une finalité spécifique à la technologie. mais il s’avère que la technologie est aujourd’hui, plus que d’autres disciplines, susceptibles de l’atteindre effectivement.
Enfin, une finalité complémentaire, transitoire, pourrait être de compenser les insuffisances en matière de formation technologique des programmes actuels de l’école et du collège. Et notamment d’intégrer nombre de dimensions aujourd’hui absentes de ces programmes.
Quels objectifs ?
Parmi les objectifs premiers on pourrait en retenir six :

- la maîtrise de l’usage personnel de l’ordinateur multimédia ;

- la compréhension des systèmes techniques complexes ;

- la réalisation d’un projet de réalisation de produit matériel ou logicien (y compris dans le cadre d’une « mini-entreprise »), de préférence en équipe ;

- la réalisation d’un mémoire personnel sur une « passion » technologique ;

- la capacité à analyser les techniques en termes de ruptures et de continuités ;

- la compréhension des enjeux éthiques, économiques, politiques et sociaux des potentialités technologiques actuelles.
Enseignement obligatoire ou optionnel ?
La réponse d’un enseignement obligatoire pour tous les élèves des voies générales du lycée est un objectif souhaitable à terme mais qui semble peu réaliste aujourd’hui pour plusieurs raisons :

- la structure et les horaires actuels des voies générales du lycée. Comme il est exclu d’augmenter un volume horaire déjà chargé, l’introduction de la technologie devrait donc :

- soit se substituer à une autre discipline (par exemple, en voie littéraire, à la place de l’enseignement actuel tripartite de sciences),

- soit prendre des heures à d’autres disciplines (par exemple en S en physique et maths),

- soit être prise en charge en partie par d’autres disciplines (par exemple : en L, par un enseignement de sciences rénové ; en ES, dans le cadre de l’économie et de la philo : ...).

Ces différentes hypothèses ne me semblent pas, tout du moins aujourd’hui, des hypothèses de certitude de réussite d’un tel enseignement :

- la nécessité d’expérimenter un nouvel enseignement sur plusieurs voies simultanément ;

- la non disponibilité d’un volume suffisant d’enseignants capable a priori de dispenser cet enseignement (une solution serait évidemment de construire un enseignement de technologie sur ce que sait enseigner le corps actuel... mais serait-ce bien raisonnable !).
Je proposerai donc que la technologie soit une nouvelle option pour toutes les voies de l’enseignement général, à mise en oeuvre progressive. Pour lui donner du poids je proposerai :

1- un mode d’évaluation original ;

2- un coefficient significatif ;

3- une mise en place systématique dans les « grands » lycées.
Quelle incidence sur les voies technologiques industrielles et tertiaires ?
Les programmes actuels des disciplines technologiques des voies industrielles et tertiaires sont construits exclusivement autour de finalités préprofessionnelles. Il serait souhaitable que plusieurs des objectifs proposés pour une technologie générale du lycée y soient également pris en compte sous des formes adaptées à définir.
Quelle continuité/rupture avec la technologie du collège ?
Il me semble nécessaire, tout comme nous l’avons affirmé pour l’option TSA, que cet enseignement soit en rupture franche avec la Technologie du collège, tant dans ses objectifs que dans ses pratiques.

Mon argumentaire est double :

- la nouveauté est nécessaire au renouvellement de l’intérêt des élèves à chaque niveau ;

- poursuivre en continuité avec le collège serait une démonstration de l’incapacité de la technologie du collège à atteindre en quatre ans les objectifs qu’elle s’est fixée.
La rupture tant cognitive que comportementale est implicite dans les objectifs proposés :

- sur le plan cognitif :

- d’une part, approche des systèmes industriels et scientifiques complexes,

- d’autre part, réflexion historique et philosophique concrète sur les techniques ;

- sur le plan comportemental, réalisation encadrée d’un projet et/ou d’un mémoire personnel, guidé(s) par le seul intérêt de l’élève (ou l’intérêt d’un groupe restreint).
La finalité est ici l’acquisition de l’aptitude à la recherche et du goût d’entreprendre en toute autonomie.

Je me situe ici tout à fait dans la perspective des TIPE des classes préparatoires scientifiques.
Programme « multivoies » ou programmes colorés par la voie ?
Un programme unique pour toutes les voies serait certainement la solution de simplicité, mais il est probable que, par les compromis alors nécessaires, les chances de réussite d’un tel enseignement s’en trouverait fort réduites, surtout sous la forme d’une option impliquant un volontarisme des élèves. La solution alternative, c’est-à-dire la finalisation du programme en fonction de la voie, est par contre une solution de complexité.
Il serait donc nécessaire de rechercher un compromis entre ces alternatives.


Objectif

Voie S

Voie ES

Voie L

Maîtrise de l’usage personnel de l’ordinateur multimédia

20 h

(+ mémoire)

20 h

(+ mémoire)

20 h

(+ mémoire)

Compréhension des systèmes

techniques complexes

40 h

20 h

20 h

Réalisation d’un projet de réalisation

de produit matériel ou logiciel

40 h

30 h




Réalisation d’un mémoire personnel

40 h

50 h

70 h

Capacité a analyser les techniques en termes de ruptures et continuités

15 h

30 h

20 h

Compréhension des enjeux éthiques, économiques, politiques et sociaux des potentialités technologiques actuelles

25 h

30 h

50 h

Fig. 3  Exemple illustratif de pondération et de coloration des voies



Je propose de rechercher ce compromis dans une finalisation des objectifs en fonction de la voie, c’est-à-dire à la fois une pondération des différents objectifs et leur coloration par la voie. Une telle solution permettrait tant une unité de la discipline au lycée, avec constitution d’un socle commun, qu’une formation efficace des enseignants pour une mise en oeuvre globale de l’option sur l’ensemble des voies.
Le risque est évidemment la dérive vers l’uniformité, la tentation étant forte pour le même enseignant de produire le même enseignement pour tous plutôt que de le colorer selon la voie. Ce risque est loin d’être nul et serait l’un des enjeux de la définition des programmes et de leur mise en place.
Un exemple possible de pondération et de coloration des voies pour une option de 3 h (soit 180 heures sur deux ans) est illustré. (fig. 3)
Programmes compacts ou modulaires ?
Cette question pose le problème de la construction, de la présentation et de l’évolution des programmes.
Je proposerai une construction modulaire laissant une possibilité de choix assez importante aux enseignants, voire aux élèves (certaines études pouvant en outre participer du mémoire personnel).
A titre d’exemple, en ce qui concerne la compétence Capacité à analyser les techniques en termes de ruptures et continuités le programme pourrait comporter trois modules, chacun illustré par plusieurs études de cas potentielles. Par exemple :

- Module 1 : une rupture technique décisive. Etudes de cas possibles : horlogerie de précision, moteur électrique, transistor, ordinateur personne, centrale nucléaire, scanner médical, télé prototypage, PCR, Internet...

- Module 2 : l’adaptation permanente d’une technique ou d’une industrie pluritechniques. Etudes de cas : acier, textile, automobile, médicaments,... ;

- Module 3 : l’hyperchoix. Etude de cas possibles : matériaux, automobiles, loisirs, ...
Une voie donnée pourrait soit associer les trois modules (par exemple la voie ES), soit ne traiter que deux modules sur trois, au choix ou non (par exemple la voie L), soit laisser une totale liberté (par exemple pour la voie S).
Du point de vue présentation générale du programme, on pourrait retenir une structure à trois volets ;

- une présentation commune à l’ensemble des voies : finalités, objectifs, modalités de fonctionnement, modalités générales d’évaluation,...

- une description de chacun des modules relatifs à chaque objectif ;

- une caractérisation de chaque voie : pondération horaire des objectifs, sélection ou modalité de sélection des modules, éventuelles modalités spécifiques d’évaluation,...
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