Mémoire de dea réalisé sous la direction de Michel Liu, Professeur à l’université Paris IX dauphine





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Benjamin Grassineau

DEA 130, dynamiques des organisations et transformations sociales.

Université Paris IX Dauphine.

Mémoire de DEA réalisé sous la direction de Michel Liu, Professeur à l’université Paris IX Dauphine.

Étude sur le rôle des métaphores et des oppositions dans les solidarités communautaires.
Année 2002/2003
Descriptif : Dans cette étude, nous explorons le problème de la solidarité en le confrontant à différentes théories en sciences sociales. Rejetant les conceptions utilitaristes ou déterministes de la solidarité, nous tentons de parvenir à une modélisation du phénomène faisant appel aux procédés cognitifs utilisés par les acteurs sociaux et à des dynamiques interactionistes et macrosociales. Ayant perçu le rôle primordial des métaphores, des oppositions et de la régularité dans ces dynamiques, nous tentons de les intégrer dans un modèle global, qui rend compte des ressorts de la cohésion sociale. Dans la dernière partie, nous confrontons le modèle à deux milieux bien distincts : la communauté des gens de mer et le réseau Linux. Globalement, il semble apporter une grille d'analyse intéressante des phénomènes collectifs et des actions d'entraide. Une partie en annexe traite de la relation entre violence et solidarité. Il va de soi que ce travail comporte certaines faiblesses et qu'il est actuellement prolongé par des travaux théoriques qui aboutiront nécessairement à une redéfinition des concepts. J'espère cependant qu'il tient ses promesses en terme d'ouverture (vers une autre voie que l'utilitarisme) et qu'il pourra vous être utile dans vos travaux. Pour toute suggestions : grassineaub@yahoo.fr
Mots clés : metaphores ; solidarité ; cognition ; opposition ; linux ; mer ; communautes ; reseau ; utilitarisme ; economie ; sociologie ; freud ; lakof ; cognitives ; anomie ; reflexivite ; merleau ; ponty ; action ; collectif ;

Introduction

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En sciences sociales, il est commun de considérer les actions intéressées, comme les briques élémentaires du comportement humain. Elles paraissent suffisamment logiques, fondées et rationnelles pour qu’on puisse en dériver l’ensemble des comportements individuels et collectifs. Dès lors, pour comprendre les actions d’entraide, qui paraissent quant à elles, irrationnelles, voire suspectes ou douteuses, il arrive qu’on nie leur bien-fondé et qu’on prétende, sans plus de justification, que les acteurs sociaux les accomplissent, malgré les trompeuses apparences, de façon intéressée. Au moins, sont-elles ainsi classifiées, régulées, domptées, et ne s’avèrent plus en mesure de compromettre en profondeur les savants édifices qui s’échafaudent sur le postulat de la rationalité intéressée.

Aventurons-nous un instant au delà de cette évidence, et posons-nous la question suivante : l’inverse est-il plausible, imaginable ? Se peut-il que nous soyons dévoués aux autres, et qu’une action apparemment égoïste trahisse la volonté latente d’aider son prochain ?1 Pourquoi l’hypothèse d’une nature humaine égoïste devrait-elle s’avérer plus fondée que celle d’une nature altruiste ? Et au fait, la notion d’altruisme a-t-elle un sens ? Admettons temporairement ce dernier point et supposons un bref instant que l’homme n’est pas purement égoïste. Loin de rechercher systématiquement l’accomplissement de son propre intérêt, il se préoccupe du sort des autres et n’hésite pas, à l’occasion, à aider ses proches. Naturellement, dans cette configuration, il n’est plus possible d’expliquer l’entraide par l’intérêt individuel. Et nous voilà privés d’une explication commode. Mais alors, comment allons-nous désormais nous y prendre pour comprendre cette réalité têtue ? Comment expliquer le fait que les acteurs sociaux s’entraident et qu’il leur paraît si naturel de le faire ?

L’observation de notre environnement social s’avère somme toute assez simple. Parviennent à nos sens, à notre entendement, des régularités. Celles-ci se manifestent au travers d’un ordre social, dans le comportement des acteurs sociaux, ou encore, dans une certaine cohérence des motifs avancés par l’acteur quand il réfléchit à ce qu’il fait. Que constate-t-on ? Un motard aide spontanément un autre motard en difficulté, et ignore royalement l’automobiliste tombé en panne sur le bord de la route. Un bienfaiteur consacre son temps et son argent aux enfants du tiers-monde, alors même qu’il n’a aucun rapport direct avec eux. Soulignons quelque chose d’assez surprenant : l’entraide, la solidarité sont très souvent liées à l’appartenance à une communauté, à un groupe dont nous avons l’impression de faire partie. Il y a un rapport de corrélation entre « l’action solidaire » et le lien identitaire. Mais pas nécessairement, car nous accomplissons également un bel élan de solidarité quand nous secourons une inconnue qui se noie. Ce qui n’a rien à voir avec la communauté d’appartenance. Comment expliquer cette relation ? Pourquoi est-elle parfois effective, parfois non ?

Ce problème soulève d’évidentes difficultés. Tout d’abord, pour l’aborder, il nous faut réfléchir à ce qu’est l’action. Partons d’un exemple, un pompier sauve une victime, il effectue une action. Comment la délimiter par rapport à d’autres actions et en trouver la cause ? Quel est le rôle du contexte dans son déroulement ? En effet, comment le pompier a-t-il reconnu que la victime était en détresse ? Cela a-t-il joué un rôle ? Était-ce une action pensée ou une action réflexe ? Si il a pensé cette action, comment l’a-t-il conceptualisée ? Et les actions solidaires posent d’autres problèmes. Sommes-nous solidaires avec une personne que nous sauvons sans avoir eu l’intention de le faire ? Sommes-nous solidaires avec un chien lorsque nous le soignons ? Si oui, où s’arrête la solidarité ? Serions-nous solidaires avec une voiture lorsque nous la réparons !?
Nous ne soulevons ici que quelques questions possibles mais retenons le point suivant : un acte de solidarité prend place dans un environnement social et identitaire, il s’insère dans de vastes ensembles, ceux du lien social et de la communauté. Par conséquent, les actions individuelles, et à fortiori les comportements solidaires ne prennent sens qu’au sein d’un groupe, d’une communauté, d’un cadre d’interactions. Une action n’est jamais isolée de son environnement social, mieux, sa signification est sociale et elle a des conséquences sociales. Il découle naturellement d’une telle proposition qu’il existe une dynamique constante entre l’action individuelle et le lien social, entre les comportements individuels et les cadres de l’interaction. Mouvements individuels et mouvement social, comportements individuels et structure sociale se construisent dans un même élan, ils se spécifient l’un et l’autre.

De plus, il se trouve que les acteurs sociaux interprètent les cadres de l’interaction dans lesquels ils évoluent et s’avèrent capables d’agir pour leur transformation. De fait, ils ont conscience de la signification et des conséquences de leur action dans la sphère collective. Ils sont à même d’agir pour changer le cours des choses, ou tout au moins, d’imaginer un cadre d’interaction différent, une autre société possible. D’une telle affirmation on déduit que la solidarité ne peut se réduire conceptuellement à une donnée innée de la nature humaine,2 la variabilité des interprétations et la potentialité des mécanismes cognitifs utilisés par les acteurs pour transformer et comprendre leur environnement rend la solidarité profondément assujettie à des mécanismes sociaux. Et il s’agit de déterminer ces mécanismes.

Nous proposons de le faire en plusieurs étapes. Dans un premier temps, nous allons chercher à montrer que les théories posant comme base du comportement solidaire la rationalité économique doivent être rejetées. Dans une seconde partie, nous essaierons de voir quelle modélisation de l’action il est possible de leur substituer. Dans une troisième étape, nous nous efforcerons de voir comment l’articulation entre l’action individuelle et l’action collective peut nous éclairer sur le lien entre action solidaire et identité. Enfin, nous consacrerons un chapitre entier à illustrer empiriquement les propositions avancées dans les chapitres précédents. Pour rendre la lecture plus facile, nous avons mis en place un lexique des termes utilisés.

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